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  • Photo du rédacteurAnne-Lise GAUTHIER

Allaitement maternel et Sommeil

Une synergie bénéfique pour la santé, respiratoire y compris !


En cette Semaine mondiale de l'allaitement maternel 2023 dont le thème est cette année "Allaitement et travail… C'est possible !", nous abordons une réalité à laquelle de nombreuses mamans font face au quotidien.



Chez Eléa Santé, nous reconnaissons l'importance de concilier l'allaitement avec les défis professionnels. Saviez vous que de plus en plus d'entreprises mettent en place des politiques favorables à l'allaitement, offrant des espaces dédiés et des horaires flexibles pour les mamans qui reprennent le travail tout en choisissant de poursuivre l'allaitement ? Cette évolution témoigne de la prise de conscience croissante quant à la nécessité de soutenir les mamans dans cette période de transition. Par ailleurs, en France, des lois relatives au travail et à l'allaitement sont conçues pour soutenir les mères qui souhaitent d'allaiter tout en reprenant leur activité professionnelle. Le Code du travail, entre autres, recense un article dédié au temps d'allaitement sur le temps de travail (Article L1225-30).



Cette semaine mondiale de l’allaitement maternel est également l'occasion de rappeler qu'au-delà de cette réalité, l'allaitement maternel offre des avantages essentiels, notamment en ce qui concerne la santé respiratoire de bébé. En effet, l'allaitement maternel, au-delà de ses bienfaits émotionnels et nutritionnels, revêt également une importance cruciale dans d’autres domaines.

Nous tenons toutefois à souligner que chaque parent fait les choix qui lui semblent les plus adaptés à sa situation, et nous soutenons toutes les mamans, quelle que soit leur méthode d'alimentation.


Les bénéfices de l'allaitement sur la santé respiratoire :


L'allaitement maternel, au-delà de ses nombreux bienfaits établis, joue un rôle crucial dans la prévention des troubles respiratoires du sommeil. A cet égard, ce sont les morphogénèses oro-faciales et maxillaires qui sont positivement impactées :


Dès les premières semaines de vie, l'acte de succion favorise un développement harmonieux global du nourrisson, et en particulier de ses voies respiratoires. Cela contribue à réduire les risques d'obstruction et de troubles respiratoires ultérieurs. Lorsque le bébé tête, il utilise une variété de muscles de la bouche, de la langue et du visage. Cette activité stimule le développement musculaire et la coordination des fonctions oro-myo-faciales, contribuant ainsi à une meilleure posture bucco-linguale.



Une vidéo IRM montrant une mère allaitant son bébé. On observe la respiration calme de la maman, le bébé qui déglutit régulièrement, et le lait passant dans sa bouche et dans son œsophage.


L'allaitement maternel favorise une aspiration plus dynamique et engagée, ce qui stimule le développement de l'os maxillaire supérieur (le plus important de tous les os de la mâchoire supérieure, c'est un os pair, situé à la partie centrale de la face. Le maxillaire supérieur est situé au-dessus de la cavité buccale, au-dessous de la cavité orbitaire, en dehors des fosses nasales). Une succion vigoureuse aide également à maintenir une forme optimale de la voûte palatine, ce qui peut réduire les risques de troubles respiratoires associés à des anomalies anatomiques. Enfin, la manière dont le bébé tète influence la position de la langue. Une succion efficace stimule une posture linguale correcte, ce qui peut favoriser un alignement dentaire approprié au fil du temps.


Tandis que l’allaitement maternel favorise une bonne croissance dentomaxillaire, l’allaitement au biberon peut être à l’origine de dysmorphose dentomaxillaire.


En pratique :


Influence de l’allaitement au sein :


L’enfant ouvre grand sa bouche pour prendre le sein de sa mère, ses lèvres réalisent un joint étanche autour de l’aréole mammaire. Les muscles masticateurs du bébé permettent de faire progresser le lait vers le téton. Ces stimuli favorisent la croissance de la mandibule. La langue réalise un mouvement péristaltique qui comprime le téton le long du palais, la langue prend la forme d’une gouttière pour pouvoir accueillir le lait qui s’écoule à chaque cycle d’extraction. C’est le sein de la mère qui s’adapte à la forme de la cavité buccale du bébé. Jusque-là, le fond de la cavité buccale reste fermé et l’enfant respire normalement par le nez. Après plusieurs cycles d’extraction, suffisamment de lait s’est accumulé et la déglutition va s’enclencher, la respiration s’arrête pendant ce temps. La tétée déclenche une stimulation sensorimotrice gauche/droite, cette alternance favorise un développement symétrique du visage.


Position de langue Allaitement maternel VS Biberon


Influence de l’allaitement au biberon :


L’enfant ne s’efforce pas à ouvrir sa bouche car les tétines sont plus coniques que l’aréole mammaire. La propulsion mandibulaire sera réduite et la croissance mandibulaire impactée. La pointe de la langue comprime la tétine contre le palais avec un mouvement en piston pour faire sortir le lait. Ce mouvement s’appuyant sur le palais va réduire les fosses nasales. Les mouvements répétitifs (au même endroit et dans le même axe), et la faible sollicitation des muscles masticateurs empêchent la fermeture postérieure de la cavité buccale. Cette non fermeture de la cavité buccale fera absorber plus d’air au bébé et ce mélange air et lait pourra être la cause de coliques. Ces deux manifestations conduisent l’enfant à des apnées avant même la déglutition. C’est la bouche du bébé qui s’adapte à la tétine.

De plus, du fait de la non fermeture postérieure de la cavité buccale, pour lui permettre de respirer et éviter l’écoulement permanent du lait, l’enfant est obligé de solliciter les muscles de ses joues plutôt que ses muscles masticateurs. Cette action peut ainsi favoriser des troubles de la croissance cranio-­‐faciale.


Les bienfaits des anticorps :


Le lait maternel est une source inestimable d'anticorps. Ses composants bioactifs, tels que les cytokines et les IgA, renforcent l'immunité des voies respiratoires, jouant un rôle crucial dans la prévention des infections et des inflammations associées aux troubles respiratoires du sommeil. Des études montrent que les bébés allaités sont moins sujets aux troubles respiratoires tels que l'apnée du sommeil.


La régulation de la respiration :


L'allaitement renforce la capacité du bébé à réguler sa respiration, notamment grâce à l'apprentissage de la succion et à la coordination des mouvements. Cela a un impact positif sur la qualité du sommeil et diminue les risques de troubles respiratoires.


Données à l'appui :


Des études récentes ont corroboré ces faits. Selon une enquête réalisée par l'Organisation Mondiale de la Santé, les nourrissons allaités ont 45% moins de risques de développer des troubles respiratoires du sommeil que ceux nourris au biberon.

N'oublions pas la valeur de chaque choix :


Il est essentiel de souligner que chaque parent prend des décisions en fonction de sa situation, de ses besoins et de ceux de son enfant. L'allaitement maternel est une option précieuse, mais elle ne constitue qu'un aspect de l'éventail des méthodes nourricières. Chaque maman est une superhéroïne, que ce soit au sein ou au biberon !


En découvrant la méthode qui vous convient le mieux, vous offrez à votre enfant le cadeau le plus précieux : votre amour et votre engagement envers son bien-être.


Article rédigé par Anne-Lise Gauthier

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